L'antre de Pénélope

Tout ce qui fait ma vie, mes passions, ma famille...

20 octobre 2009

Les tueurs à betteraves (pour Facebook et les autres, lisez-moi)

Une nouvelle de Pénélope Labruyère

Chacun de son côté et Dieu pour tous
Pierrot, Moniteur auto-école, Vienne (Isère)
01/04/2004

La voiture glisse sur les gravillons et s'immobilise sans heurt après la longue descente. Elle quitte le plateau des vaches vingt-cinq mètres plus haut, toujours imbibé, exceptionnellement sec, il n'a pas plu depuis des jours.
Un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche, rien, il n'y a jamais rien sur cette route de campagne. Elle se méfie toujours des routes désertes, propices à la vitesse d'imbéciles trop heureux de confondre un instant route de campagne et circuit de Ledenon. Elle surprend parfois un oublieux du code de la route en surgissant alors qu'il grille un stop inutile ou une priorité qui n'est destinée qu'aux autres. Bien sûr elle ne peut pas jeter la pierre à ceux qui comme elle, s'amusent de routes vides et sinueuses, rapides, claires, belles, douces, rapides, elle en a souvent profité avec une petite voiture de course des années 80. Il lui semble pourtant que conduire vite ne peut pas se marier au nom respect des autres règles, la vitesse est une chose lorsqu'on est seul, l'imprudence est inexcusable lorsque d'autres usagers partages le même ruban de bitume.

La Laguna s'engage doucement, la boîte grippe un peu. En entrant dans Nojeon deux cents plus loin, elle freine, le pont qui enjambe la rivière assechée. Elle se désole de l'état du pauvre ru. Isabelle Giordano et ses invités font toujours le tour de la question sur l'augmentation du coût de la vie. Faux débat, que les prix augmentent ou pas, une chose est sûre pour elle, les salaires eux stagnent indéniablement, alors ça lui fait une belle jambe que le prix de l'essence baisse, aujourd'hui elle a payé le litre de 95, un bon euro vingt deux centimes et il n'est pas si loin le temps où elle faisait le plein de 98 pour moins d'un euro. Elle change de station, un peu de musique lui fera du bien.

Après le pont, elle tourne à droite, personne devant, personne derrière, elle a mis son clignotant par automatisme, elle n'y a même pas pensé. La voiture monte la petit pente douce qui longe l'église et le cimetière.
Devant elle, un couple de vieilles dames discutent sur le porche d'une vieille ferme. Elle sert bien à droite, le virage est sec et la visibilité est nulle. Il fait beau.  La musique de la radio coule dans son esprit.
Elle sourit peut-être bêtement en visant sa trajectoire, elle ignore qu'elle sera morte dans 15 secondes.
Le camion a surgi du virage, au beau milieu de la route, il n'a pas ralenti, pas freiné. Il l'a juste heurté par l'avant gauche, l'air-bag de sa vieille Laguna ne s'est pas déclenché. Son visage s'écrase sur le volant en sky, l'arête du nez lui est rentré jusque dans le cerveau, elle n'entend pas les hurlements du chassis de sa vieille Renault qui frotte sur le bitume, ni celui des deux vieilles tétanisées. Les trente ans de sa vie n'ont pas eu le temps de défiler devant ses yeux toujours ouverts, écarquillés. La dernière image rétinienne est celle de la calandre d'une betravière.

Son coeur bat à tout rompre, elle ne s'en remet toujours pas, le salaud, il n'a même pas freiné. Elle reprend ses esprits en repassant le film dans sa tête : la calandre qui s'imprime dans son cerveau, le monstrueux camion qui déboule du virage au milieu de la route, le coup de volant qui l'envoit dans les graviers de la ferme des deux petites vieilles, le crissements des cailloux sous ses roues, elle debout sur les freins, elle n'a même pas penser à mettre la voiture au point mort, elle cale comme une débutante. Rien à foutre. Le camion ne fait même pas mine de s'arrêter, elle aurait voulu claxonner. Quelques betteraves éjectées du camion s'envolent dans la petit cours et roulent au sol. Elle voudrait en lancer une sur le camion, peine perdue, ces enfoirés ne s'arrêtent jamais, payés à la rotation, plaque étrangères, polonaises pour la plupart, le gars ne comprendrait même pas trois mots.
Les deux petites vieilles, bouches ouvertes, lui font coucou, elles la prennent pour une autre, elles n'ont pas compris qu'elle vient d'échaper à la mort...

Fin.

Histoire vraie, vécue ce jour, à Nojeon en Vexin, minuscule commune de l'Eure.




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02 juin 2009

Perceptions

Texte envoyé à Short Stories. Texte refusé, sans motif.
Le thème était : Dimanche pourri.

Je m’endors sans prendre conscience de la langueur qui me gagne peu à peu.
Ma tête lourde repose sur l'oreiller et mes songes se battent à la porte de mes paupières pas encore tout à fait closes.
J'ai dû rêver, rêver qu'on m'attachait à un lit de soie, qu'on s'occupait délicieusement de mon corps, paralysée par les liens et par le plaisir, entourée de mains masculines, longues et agiles, habiles et épaisses.
Quand une déflagration me réveille en sursaut, mon corps refuse de bouger.
Des cris au dehors m'alarment plus que mon immobilité. Une petite voix d'enfant s'élève dans la nuée blanche de l'aurore qui passe par la fenêtre, je voudrais sortir de mon lit mais mes membres gourds noyés dans les draps ne répondent plus aux ordres de mon cerveau.
La panique devrait m'envahir. Cette lourdeur dans mes jambes qui me cloue sur mon matelas semble vouloir remonter le long de mon tronc pour m'empêcher de respirer. Pourtant le calme qui règne dans ma tête est tout aussi surprenant que cette paralysie soudaine.
Un rire s'élève dans la cour, suivi du bruit métallique du rebond d'un ballon de basket. Oui des enfants jouent à la balle devant mes fenêtres, comment puis-je être effrayée par un bruit si anodin ?
Je ferme les yeux pour me convaincre de ma stupidité, essaye de me rendormir, après tout si je ne peux bouger c'est peut-être parce que je me suis juste coincée un nerf.
Après quelques minutes, le sommeil ne revient toujours pas. Les nouveaux bruits autour de moi ne me rassurent pas, il y a un homme qui tronçonne quelque chose dans le jardin, mais quoi ? Il n'y a pas d'arbres autour de nous, que des tours de béton et des allées de graviers. Et puis il y a quelque chose qui gratte le parquet dans le salon. Toutes les deux ou trois minutes, on gratte sur les lattes et on s'arrête. Bruit régulier, répétitif. Agaçant.
Je n'ose parler, appeller. Appeller qui ?
A présent c'est un bip qui résonne toutes les secondes, un bip suraigu qui déchire mes tympans, je crispe mes yeux... tiens mes paupières, elles, bougent encore.
Je respire un peu plus vite, ce grattement commence à m'agacer prodigieusement. Je vais peut-être me mettre à crier, pour entendre autre chose que ce bruit infernal qui va me rendre folle.
Quand je rouvre les paupières, la chambre a disparu. Une lumière blanche m'aveugle. Je voudrais parler, je voudrais bouger, appeler à l'aide, cette fois-ci, il y a bien quelque chose qui cloche. Pourquoi diable ai-je aussi mal ?
Partout, mon corps n'est que douleur, une douleur violette, brûlante, électrique, au goût d'acide. Elle parcourt mon corps tel un petit scarabée de feu démultiplié.
Dans ma bouche il y a un tuyau. Dans mon nez il y a un tuyau. Entre mes jambes il y a un tuyau. A mesure que mes yeux s'accoutument à la lumière un peu forte de l'espace, je mesure mon état.
Lorsqu'un homme se penche vers moi un crayon à lumière à la main, je plisse à nouveau les paupières, rien à faire, il a réussi à les forcer et y plonge son faisceau brûlant.
Il semble ravi.
- Ce n'est rien, on vous a tiré dessus ce dimanche vers 3h du matin.
On est dimanche. Dimanche ? Mais non hier c'était lundi.

Pénélope Labruyère-Snozzi

Posté par lamad à 20:21 - Scribouillages - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 2009

L'amour était mort.

Il était assis dans un coin. Je le vis alors que je me retournais. Il m'observait, depuis quelques secondes ou plusieurs minutes.
Il me sourit. Je rougis ou bien était-ce les spots rouges de la boîte de nuit.
Son sourire était sincère, je le lui rendais.
La musique était trop forte et mes lentilles de contacts me faisaient mal, m'obligeant à fermer les yeux trop longtemps, trop souvent.
Je me levais pour aller dancer, une chanson que j'aimais bien commençais. Il était sur le chemin de la piste. J'avançais vers lui, lui jettant parfois un regard, remarquant qu'il me regardait toujours. Alors qu'il allait disparaître de mon champ de vision, je lui lançais un dernier regard.
La musique était envahissante. Je dansais les yeux fermés, au bord de la piste pleine de danceurs. Je n'avais jamais aimé dancer dans la foule, trop de monde et jamais assez de place pour déployer mes bras.
Quand la chanson se termina, une autre commença que j'aimais aussi;
J'ouvrais les yeux, il était en face de moi, enfin pas vraiment lui, mais son torse massif m'imposant un logo imprimé sur son t-shirt noir.
Je remontais mes yeux à la rencontre de son cou musclé et son tendre sourire.
Il était si grand qu'il lui aurait fallu se pencher pour reposer son menton sur le haut de mon crâne. Timidement, je souriais.
Je continuais à danser. Il dansait en face de moi et à ma surprise, il était un bon danseur.
Parfois, je le regardais, évitant ses yeux, mais je savais qu'il m'observait. Je pouvais sentir son regard sur moi.

 

Et j'avais toujours pensé que l'amour était mort. Pour sûr il ne l'était pas puisqu'il dansait en face de moi. Lorsque je me décidais à lui offrir un peu de place dans ma nuit, je cessais d'éviter ses yeux et plongeais dedans. Il sourit gentiment, un sourire qui n'appartenait pas au registre de la joie. C'était une invitation dessinée avec les lèvres. Le miens lui renvoyais ma petite peur de me perdre dans son monde. Il ne dit rien, cessa de sourire, posa une main sur l'arrière de mon cou et força mon corps près du sien alors qu'il se penchait pour m'embrasser.
Sa langue sucrée fondait dans ma bouche. Nos corps semblaient prêts à fondre aussi. Le baiser se prolongea jusqu'à la fin de la chanson.

 

Je ne me souviens pas comment j'ai atteri chez lui, je ne me souviens que du contact doux du cuir de sa voiture. Je me souviens m'être endormie alors qu'il conduisait.
Je me réveillais dans ses bras. Il marchait à travers une pièce immense. Il me déposa sur un long canapé et nous prépara du thé.
Nous restions silencieux. Il me tendit une tasse de thé et je bus. C'était chaud et doux. Il s'approcha pour un nouveau baiser. Je le laissais me déshabiller. Il le fit tendrement et je le déshabillais aussi. Nous fîmes l'amour pendant des heures, doucement, lentement, comme deux amants qui savent qu'ils ne se reverront jamais.
Nous nous sommes endormis dans les bras l'un de l'autre. Il me tint chaud, ma tête posée sur son torse, ses bras autour de ma taille.
A mon réveil, une grande paix emplissait mon être. Je me levais et allais à la salle de bain, nue. Mon visage dans le mirroir avait une nouvelle expression, celui du bonheur silencieux. Je me lavais le visage et ouvrais sa bouteille de parfum, posait une goutte dans le creu de mon cou et retournais dans la chambre.
Je m'asseyais sur le lit et commençais à écrire tout cela dans mon petit carnet.
Et alors que je termine, il est toujours dans le lit, ses yeux son clos, il semble si calme et reposé, apaisé. Mort.

Pénélope Labruyère

6 et 7 février 2004
Gent (Belgique).

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Ce texte est mauvais, particulièrement mal écris et pourtant... sous cette apparence trompeuse se cache la réelle intention du texte.
A vous de la découvrir.

Posté par lamad à 17:47 - Scribouillages - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 décembre 2008

Les Editions La Madolière

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www.editions-la-madoliere.com

A bientôt.

Posté par lamad à 01:15 - Scribouillages - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 avril 2008

Absence

Des mots me manquent, ils passent leur temps dans ma tête à se bousculer mais ils existent déjà, ils sont là, ne savent plus s'ils doivent rester, partir, rester tranquil ?
La nuit est tombée ici, quelques étoiles, un ou deux nuages, des rayons de lune, une petite brume qui monte doucement de l'herbe chauffée au rare soleil du jour.

Mais le vide, pas dans mon coeur, trop de monde déjà l'habite, ni dans mon âme elle s'emplit de mes rencontres, peut-être ailleurs, dans mes oreilles, dans mes yeux, dans mon imaginaire.
Dans ma solitude tout relative, au fond de ma famille, il me manque un être, une personne ou tout simplement quelques lignes à lire de temps en temps pour reprendre envie, pour écrire encore.
Et finalement, le réulstat de cette absence est la profusion de mes mots, mon cerveau qui recommence à bouillonner, là une absence, là une intervention, ici une ligne et autre part des idées.
Pourquoi est-ce que la vie assemble des êtres qui se rencontreront trop tard, trop tôt, trop bien, pas assez mal.

Silence.

S'il vous plaît, au delà des montagnes et des collines, au petit jour et dans ma couette, un mot revient. C'est une histoire très longue, un personnage qui rêve qu'elle existe quelque part dans un roman, et qui vit, sans y croire, une histoire qui ne pourrait plus jamais se vivre.
Et puis non, elle résiste, elle ne peut pas, elle oublit, elle fuit.

Est-ce ma vie ?

Tu me manques.

Péné

Posté par lamad à 00:21 - Scribouillages - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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