Il était assis dans un coin. Je le vis alors que je me retournais. Il m'observait, depuis quelques secondes ou plusieurs minutes.
Il me sourit. Je rougis ou bien était-ce les spots rouges de la boîte de nuit.
Son sourire était sincère, je le lui rendais.
La musique était trop forte et mes lentilles de contacts me faisaient mal, m'obligeant à fermer les yeux trop longtemps, trop souvent.
Je me levais pour aller dancer, une chanson que j'aimais bien commençais. Il était sur le chemin de la piste. J'avançais vers lui, lui jettant parfois un regard, remarquant qu'il me regardait toujours. Alors qu'il allait disparaître de mon champ de vision, je lui lançais un dernier regard.
La musique était envahissante. Je dansais les yeux fermés, au bord de la piste pleine de danceurs. Je n'avais jamais aimé dancer dans la foule, trop de monde et jamais assez de place pour déployer mes bras.
Quand la chanson se termina, une autre commença que j'aimais aussi;
J'ouvrais les yeux, il était en face de moi, enfin pas vraiment lui, mais son torse massif m'imposant un logo imprimé sur son t-shirt noir.
Je remontais mes yeux à la rencontre de son cou musclé et son tendre sourire.
Il était si grand qu'il lui aurait fallu se pencher pour reposer son menton sur le haut de mon crâne. Timidement, je souriais.
Je continuais à danser. Il dansait en face de moi et à ma surprise, il était un bon danseur.
Parfois, je le regardais, évitant ses yeux, mais je savais qu'il m'observait. Je pouvais sentir son regard sur moi.

 

Et j'avais toujours pensé que l'amour était mort. Pour sûr il ne l'était pas puisqu'il dansait en face de moi. Lorsque je me décidais à lui offrir un peu de place dans ma nuit, je cessais d'éviter ses yeux et plongeais dedans. Il sourit gentiment, un sourire qui n'appartenait pas au registre de la joie. C'était une invitation dessinée avec les lèvres. Le miens lui renvoyais ma petite peur de me perdre dans son monde. Il ne dit rien, cessa de sourire, posa une main sur l'arrière de mon cou et força mon corps près du sien alors qu'il se penchait pour m'embrasser.
Sa langue sucrée fondait dans ma bouche. Nos corps semblaient prêts à fondre aussi. Le baiser se prolongea jusqu'à la fin de la chanson.

 

Je ne me souviens pas comment j'ai atteri chez lui, je ne me souviens que du contact doux du cuir de sa voiture. Je me souviens m'être endormie alors qu'il conduisait.
Je me réveillais dans ses bras. Il marchait à travers une pièce immense. Il me déposa sur un long canapé et nous prépara du thé.
Nous restions silencieux. Il me tendit une tasse de thé et je bus. C'était chaud et doux. Il s'approcha pour un nouveau baiser. Je le laissais me déshabiller. Il le fit tendrement et je le déshabillais aussi. Nous fîmes l'amour pendant des heures, doucement, lentement, comme deux amants qui savent qu'ils ne se reverront jamais.
Nous nous sommes endormis dans les bras l'un de l'autre. Il me tint chaud, ma tête posée sur son torse, ses bras autour de ma taille.
A mon réveil, une grande paix emplissait mon être. Je me levais et allais à la salle de bain, nue. Mon visage dans le mirroir avait une nouvelle expression, celui du bonheur silencieux. Je me lavais le visage et ouvrais sa bouteille de parfum, posait une goutte dans le creu de mon cou et retournais dans la chambre.
Je m'asseyais sur le lit et commençais à écrire tout cela dans mon petit carnet.
Et alors que je termine, il est toujours dans le lit, ses yeux son clos, il semble si calme et reposé, apaisé. Mort.

Pénélope Labruyère

6 et 7 février 2004
Gent (Belgique).

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Ce texte est mauvais, particulièrement mal écris et pourtant... sous cette apparence trompeuse se cache la réelle intention du texte.
A vous de la découvrir.